Rechercher

Déficience visuelle : le coffre à outils pour intégrer et maintenir un emploi

Mis à jour : sept. 16


L'employabilité

Est-ce que déficience visuelle et employabilité sont des termes compatibles ?


Est-ce qu’une personne malvoyante peut intégrer et maintenir son emploi tout en préservant sa santé psychologique et physique ?


Une fois au travail, quelle est la « marge de manœuvre » des professionnels pour transformer le travail ; adapter les situations, l’environnement ou encore changer les représentations des chefs, des collègues et des dirigeants ?


Selon les données issues de l’étude sur l’employabilité des personnes déficientes visuelles, 50% des personnes vivant avec un handicap visuel sont au chômage, alors que ce taux est de 19 % pour l’ensemble de la population porteuse d’un handicap et de 8% pour le reste de la population ? L’écart est énorme !


Commençons par les enjeux

A qui s’adresser… en premier… pour obtenir l’aide (financière et humaine) nécessaire ? Aux associations représentant la déficience visuelle, à la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH), au Service d’Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés (SAMSAH), à handicap 13, au Centre Inter Régional d’Aide aux Déficients Visuels de Marseille (CRIADV), à cap emploi, au référent handicap, aux représentants des aides techniques, à l’ophtalmologiste / l’orthoptiste / l’opticien spécialisé en basse-vision ? Le système français offre de belles possibilités, mais il n’est pas toujours simple à comprendre. Les informations sont nombreuses et difficiles à obtenir.


L’amont et l’aval

Pour intégrer et maintenir un emploi, il ne suffit pas d’avoir défié tous ces enjeux administratifs. Pour travailler, il faut s’y rendre. Que choisir ? Rebelotte : taxi du conseil départemental, transport adapté, transport en commun, infrastructures, feux sonores avec ou sans télécommande, canne blanche, chien guide ou bras du conjoint ? Sans oublier d’arriver à l’heure au travail.


Bien arrivé à destination, il faut répondre aux exigences du travail et être tout autant performant que son homologue, lui voyant. Voilà. Il y a autant de solutions d’adaptation qu’il y a de situation, de pathologies et d’aptitudes.


Certaines pathologies portent atteinte au champ visuel, d’autres à l’acuité, mais certaines portent atteinte à l’acuité et au champ visuel. Certaines sont évolutives d’autres non.


Quelques pistes pour bien commencer ses démarches

Vous êtes un travailleur ou un demandeur d’emploi malvoyant et vous ressentez une gêne ou un inconfort induit par votre déficience visuelle pour accomplir vos tâches ?


  • Règle numéro 1

Si vous désirez recevoir des aides humaines, techniques ou désirez des horaires adaptés, vous devez être porteur d’une déficience visuelle reconnue par la loi. Cliquer ici pour consulter les critères de l’Organisation Mondiale de la Santé. Votre ophtalmologiste peut vous aider à déterminer si vous correspondez à ces critères. C’est également ce dernier qui pourra vous fournir les pièces justificatives (notamment un certificat médical) dont vous aurez besoin pour votre demande (voir règle numéro 2).

  • Règle numéro 2

Une fois le certificat médical en main, vous devez obtenir une notification et une Reconnaissance en Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) à la Maison Départementale des Personne Handicapée (MDPH). Cette demande est faite via le document CERFA n°15692*01. Vous pouvez y avoir accès en cliquant ici.

*Petite astuce : demandez l’aide d’une assistante sociale pour remplir la demande, car celle-ci est complexe et contient plusieurs subtilités qui peuvent vous donner des droits. Vous pourrez en trouver dans les MDPH de votre département ou dans les associations comme l’Union Nationale des Aveugles et Déficients Visuels (UNADEV) ou l’Association Valentin Hauy (AVH) le plus près de chez vous.


  • Règle numéro 3

Une fois la RQTH validée, si vous êtes :

a) Demandeur d’emploi, vous pourrez vous adresser à Pôle Emploi afin d’être suivi par un conseiller spécialisé en lien avec Cap Emploi.

b) Si vous êtes déjà en emploi, adressez vous à votre médecin du travail et/ou au référent handicap – Sachez que la présence d’un référent handicap est obligatoire dans les entreprises de plus de 250 employés, et ce, depuis septembre 2018. Il est un acteur clé de la politique handicap de l’entreprise. Celui-ci devrait faire le nécessaire pour obtenir le financement par le Fond pour l’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique (FIPHFP) si vous êtes du secteur public ou par l’Association de Gestion du Fonds pour l’Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées (AGEFIPH) si vous êtes du secteur privé.


  • Règle numéro 4

Ne lâchez pas l’affaire. Les démarches peuvent être longues et ardues.


  • Petites astuces supplémentaires

demandez une évaluation de poste et des besoins par un professionnel de la basse-vision avant d’acheter toute aide technique ou visuelle. Ces aides sont nombreuses et très coûteuses ; vous pourriez facilement omettre l’achat d’une aide essentielle ou encore dépenser trop d’argent pour des aides qui ne vous seront pas utiles.


Demandez une sensibilisation à la déficience visuelle pour vos collègues de travail peut être une très bonne idée. Les sensibilisations permettent d'aborder les impacts de la déficience visuelle par l'intermédiaire de mises en situation. Les journées se déroulent dans un cadre convivial et positif. Plusieurs structures offrent ce type de service. Au besoin, référez au service spécialisé en déficience visuelle le plus près de chez vous.


Sur ce...Bonne rentrée à tous :)